LA RÉVOLUTION DE LA PLANCHE NAUTIQUE
par Michel Soucy
Habituellement,
tout ce qui monte doit redescendre. Mais
dans le cas du "wakeboard" ou de la planche
nautique, le contraire s'applique.
En effet, cette nouvelle discipline gagne de nouveaux adeptes plus rapidement
que n'importe lequel sport nautique.
Cette popularité montante est justifiable par plusieurs facteurs.
Par ordre
d'importance, la facilité
d'apprentissage vient en tête de file.
Il est en effet très facile pour un nouvel initié de réussir lors de la
première tentative, non seulement le départ, mais également certains
"trucs". Les jeunes réussiront
souvent, dès les premières sorties, à effectuer autant des
"hélicoptères" que des sauts périlleux.
Évidemment, le
fait que ce sport ait certaines ressemblances avec le "snowboard" ou
la planche à neige est un autre facteur amenant une nouvelle génération de
jeunes qui n'ont pas nécessairement déjà fait du ski nautique, mais qui voient
en ce sport des possibilités illimitées.
L'embarcation requise n'étant pas nécessairement la même que pour le ski
nautique, il est fréquent qu'un bateau ne convienne pas à un skieur, alors
qu'un adepte du "wakeboard" y verrait une
foule de possibilités. En fait, la vague
du bateau n'est jamais suffisamment élevée.
N'oublions pas que le but premier est d'atteindre la plus grande hauteur
possible pour effectuer les trucs les plus spectaculaires. Il est étonnant de constater que le vieux
bateau "in-board" que les jeunes avaient eu
tendance à oublier est très en demande maintenant... Peut-être une compensation pour les
parents...
Finalement,
les nouveaux procédés de construction ont énormément transformé ce sport. Non pas par la haute technologie qui elle,
influence les performances en slalom ou en saut, mais par la forme et la
légèreté. De fait, les nouvelles
constructions datant de 1991 sont définitivement l'élément qui a tout
changé. Les anciens moules injectés
style "planche à voile" font maintenant place au
fibre de verre compressé. Sans oublier
non plus les nouvelles fixations fermées (comme en ski nautique) qui remplacent
les courroies (foot strap).
Dans mon
prochain article, je donnerai davantage de détails sur la pratique même du
sport. Il existe évidemment un circuit
de compétitions; en plus de la liste des épreuves, j'énumérerai également la liste des "trucs" à effectuer pour
permettre, je l'espère, le développement et la croissance des espoirs du
Québec.
D'ici là, je
ne ferai que mentionner que vos genoux ne seront jamais trop fléchis lors d'un
départ ou d'un saut de vague lors de l'atterrissage...
Nous
avons déjà survolé les points importants à respecter pour le départ. Les nouveaux initiés ont probablement
remarqué que la sortie de l'eau est définitivement sans effort lorsque les
genoux sont pliés jusqu'à l'estomac pour former un genre de "bloc"
qui monte sur l'eau dès que la force du bateau est présente. En fait, la largeur de la planche permet aux
skieurs de flotter très facilement. Il
peut arriver que la sortie de l'eau soit difficile seulement lorsque le skieur
cherche à se lever trop rapidement. Le
conseil premier demeure:
il faut garder les genoux fléchis au maximum pour permettre à la
planche de sortir de l'eau.
L'étape
du départ est franchie, il faut maintenant passer à la liste des manoeuvres à effectuer.
En premier lieu, il est important de pouvoir faire le saut de vague et
ce, d'un côté comme de l'autre. Après
avoir réussi à survoler les deux vagues du bateau, les trucs de compétition
viennent alors en mire. Certains
voudront essayer le saut périlleux immédiatement. Si la vague créée par votre embarcation est
de taille respectable, vous serez étonné de voir comment la hauteur atteinte
lors d'un saut est grande lorsque la "coupe" du skieur est
agressive. C'est la beauté du
sport; la première tentative vous
permettra souvent de compléter la rotation.
Pour
les moins téméraires, le revirement avant-arrière, appelé "fackie" est le premier objectif. Tout comme un ski de figure, vous pouvez
faire déraper la planche pour débuter.
Ensuite, on se sert de la vague pour se projeter et effectuer ce
revirement avant l'amerrissage. L'effet
spectaculaire grandira selon la distance parcourue dans les airs. Au passage, certains toucheront leur planche
et le truc deviendra un "grab". Et, dépendant où votre main tiendra la
planche, ce "grab" deviendra un "chicken grab" si votre main
passe entre vos jambes. De là,
l'imagination aidant, vous pouvez tenter une multitude de figures doubles et
même triples.
Le
périlleux arrière est l'ultime saut pour épater la galerie. Même en pratique, vos voisins seront aux
aguets avec un sourire pour qualifier vos chutes. Commencez simplement en coupant de votre côté
fort, c'est-à-dire celui où vos épaules font face au bateau. À l'envol, le transfert de poids de vos
talons à vos orteils, combiné au lancement de votre tête, vous permettra de
"rouler" vers l'arrière tout en gardant vos épaules perpendiculaires
à la corde. Lors de l'atterrissage, si
vous sentez le bateau vous tirer de côté, c'est que votre "coupe"
était trop grande. En fait, la façon
idéale pour réussir est de pouvoir visionner le tout au préalable. Votre détaillant spécialiste est sûrement
muni de cassettes vidéos expliquant en détails les manoeuvres. C'est
souvent un mince investissement pour pouvoir exploiter le potentiel de votre
planche et aussi pour vous faire progresser plus rapidement. Il ne faut pas oublier que vous pouvez vous
aussi "nommer" certaines figures que vous effectuez. Les noms donnés ont souvent originé de l'inventeur d'une figure. Le "air-Railey"
est un de ces trucs dédicacés. La manoeuvre est simple: il s'agit de lancer vos jambes vers
l'arrière lors d'un saut afin de devenir parallèle à l'eau. Évidemment, il faut ensuite revenir en
position pour atterrir. La dificulté est justement de reprendre cette position car
vous devez absolument garder une tension dans la corde. Vous pouvez imaginer la chute si votre corde
se trouve sans tension...
Sur
ce, ne désespérez pas à votre première tentative car lors de la prochaine
parution, vous pourrez évaluer votre performance selon les points attribués par
figure et, qui sait, partir avec la médaille d'or lors de la prochaine
compétition.